Dabou / Distribution de produits pétroliers : La concurrence fait rage dans le secteur
Publié le 26-07-2010 08:08

Située au bord de la lagune Ebrié à 49 km d’Abidjan sur l’axe menant à San-Pedro par la côtière, Dabou s’est rendue célèbre avec ses plantations d’hévéa, d’ananas et de palmier à huile. Ces cultures ont occasionné une prolifération d’entreprises agro-industrielles à la périphérie de la ville. Comme toutes les agglomérations urbaines du pays, Dabou connait une grande affluence en période scolaire, la ville grouille de monde ce qui contribuerait à la bonne marche des activités économiques locales.
Aux nombres de celles-ci, figure en bonne place la distribution des produits pétroliers. On dénombre 5 stations (Total I et II, Essenci, Anda Oil et Shell) pour une superficie estimée à 2260 Km2 et une clientèle essentiellement constituée de voitures en transit et de transporteurs desservant la ligne Abidjan-Dabou.
A l’entrée de la ville, à 200 mètres à peu près du barrage se trouve Total I route d’Abidjan. A 5 minutes de marche en face du Trésor Public se trouve la station Essenci. Plus loin, sur le même alignement vers la sortie de la ville à quelques 350 mètres, se trouvent deux autres stations (Anda Oil, Total II) et en face d’elles on a Shell Dabou. Conséquence, la concurrence bat son plein dans le secteur de la vente du carburant et toutes les techniques sont mises à profit pour non seulement attirer la clientèle, mais aussi la maintenir. Certaines stations auraient goupillé des partenariats avec des sociétés de la place de sorte à être leur distributeur exclusif. D’autres par contre concéderaient des facilités de paiement aux véhicules de transport ( Gbakas) qui consistent à leur vendre le carburant à crédit. Malgré tous ces efforts déployés, la plupart des gérants avouent que leur activité a pris un coup en raison de la pléthore de stations présentes à Dabou.
Monsieur Kouassi Etien de Total I, confiait qu’il y a deux ans, sa station vendait entre 180.000 et 190.000 litres de carburant par mois mais aujourd’hui, elle peine à commercialiser 110.000 litres.
La bataille sans merci que se livre l’ensemble des stations- service atteint son paroxysme dans la lutte pour le contrôle du marché des transporteurs (gbakas, Taxi et camions de marchandises) qui représente le gros de la clientèle de la ville. Et dans cette « guéguerre », un transporteur en l’occurrence MTD (MIDID Transport Dabou) serait entré dans la danse depuis 2008. Un gérant de station affirme, qu’à l’époque, les gbakas, les taxis et les autres transports en commun, constituaient l’essentiel de sa clientèle mais avec l’arrivée de la compagnie de transport MTD les données ont changé. Cette société selon lui détient une pompe à gasoil dans l’enceinte de la gare. Censée alimenter ses cars, celle-ci servirait également à livrer une concurrence déloyale aux stations-service. « Ce qui représente, un manque à gagner considérable pour les opérateurs officiels d’autant plus que la compagnie de transport ne s’approvisionne pas à Dabou », dit il.
Face à cette concurrence déloyale dont elle est accusée, la compagnie MTD se défend et dénonce des allégations mensongères. « Comme toute entreprise qui s’organise pour améliorer ses rendements, nous avons décidé d’installer cette cuve ici afin de faire des économies sur les centaines de milliers de francs que nous dépensons chaque jour en carburant. Sachez que nous fournissons seulement nos véhicules et vous pouvez le constater de vous-mêmes », réagit M. Gbeuly responsable à MTD. Et de poursuivre : « Ils sont affolés parcequ’ils ont perdu un gros marché, raison pour laquelle ils colportent ce genre d’informations ».
Il y a environ deux ans, 6 stations se partageaient le marché de la distribution à Dabou, la ville en compte 5 désormais, après la fermeture de Texaco, certainement étouffée par la rude concurrence qui règne dans le secteur. Les services offerts et les produits commercialisés sont pratiquement les mêmes avec une ruée des automobilistes vers le gasoil. La vente du super tournerait au ralenti. Quant au pétrole lampant, il ne bougerait pas du tout. Si sa pompe n’est pas déjà supprimée dans certaines stations, elle est en voie de l’être dans d’autres. « Nous avons fermé la pompe à pétrole lampant car elle ne nous rapporte pas, alors que nous payons des taxes », indiquait Ali, pompiste chez Shell Dabou. Le pétrole lampant semble-t-il ne marche que le samedi, jour de marché à Dabou, avec la venue en ville des populations rurales. Après cette journée « plus rien ne va », déplore Ouattara Roland, gérant à Essenci.
Par ailleurs, le réseau de distribution des produits pétroliers à Dabou est détenu par des opérateurs indépendants. Sur l’ensemble des stations de la ville, 4 sont en gérance libre. Cependant, ces gérants souhaiteraient mieux comprendre le mécanisme d’indexation des prix. Ce qui selon eux, leur permettrait de mieux orienter leurs commandes. Ils reconnaissent avoir des difficultés dans l’écoulement de certains produits, notamment le super qui est plus long à commercialiser en raison de la faible demande. Et le changement de prix intervenu dans l’intervalle de deux commandes, peut influencer négativement leurs revenus.
Franck Michel GOUAMENE Ipetrolenews.info
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